Olivier Bost, Responsable Qualité (2)

Il travaille à Xilopix : interview d’Olivier Bost, Responsable Qualité du Service IDS

Olivier Bost, Responsable Qualité (3)

Nous inaugurons aujourd’hui le premier article d’une nouvelle série destinée à vous faire découvrir les coulisses de notre entreprise.

C’est Olivier Bost, Responsable Qualité du service d’Ingénierie Documentaire et Sémantique (IDS) qui, le premier, s’est prêté au jeu. J’ai eu le plaisir d’échanger quelques mots sur son métier et sur le fonctionnement du service dans lequel il travaille. Encore merci à lui pour sa contribution !

Si vous avez d’autres questions à lui poser, n’hésitez pas à laisser un commentaire à la fin de l’article, nous les lui transmettrons avec plaisir ! De la même façon, si cette interview vous a intéressé, partagez-la autour de vous ! :)

Olivier, peux-tu te présenter en quelques mots ? 

Je fais pour ainsi dire « partie des murs » de l’entreprise. Je l’avais abordée dans un premier temps au titre de contributeur extérieur, puis Éric Mathieu (NDLR : co-fondateur et CEO de Xilopix) me proposa un jour de passer de l’autre côté, d’entrer dans les coulisses en quelque sorte. À cette époque nous en étions encore à travailler chacun de notre côté via Internet.

Lorsque nos projets ont séduit la Région Lorraine, j’ai suivi l’équipe à Épinal. Le service dont j’avais la charge – dit Éditorial à l’époque – pris du coup plus d’importance, mais n’ayant pas naturellement un goût très marqué pour les responsabilités, j’ai préféré laisser ma place à une personne – en l’occurrence Hanène – au bagage scientifique et technique plus approprié aux nouvelles orientations de l’entreprise… pour devenir son adjoint. Comme responsable qualité pour être précis.

Qu’est-ce qu’un thésaurus ?

Un thésaurus est une organisation complexe de termes contrôlés et normalisés représentant les concepts d’un domaine de connaissance.

Ces termes peuvent être reliés entre eux par des relations de hiérarchie (le terme générique Aéronef aura pour termes spécifiques Aérostat et Aérodyne ; ce dernier aura lui-même pour termes spécifiques Avion, Planeur, Hélicoptère, Autogire, etc.), de synonymie (si je choisis Amphibien comme terme préféré je lui accolerai Batracien en terme non préféré, le deuxième étant une forme désuète du premier), et d’association (le concept Pablo Picasso figurant dans le domaine regroupant des artistes célèbres peut être associé au concept Cubisme issu du domaine couvrant les divers courants artistiques ou au concept Peinture issu du domaine couvrant les diverses disciplines artistiques).

Les méthodes que nous avons mises en place et que nous suivons sont régies par des processus implémentés et sont soumises aux normes en vigueur.

A-t-on besoin d’être spécialiste de son domaine pour pouvoir constituer un thésaurus ?

C’est préférable ! Hélas il n’est pas possible pour chacun d’entre nous de connaître tout de tous les champs de la connaissance, aussi il y a toujours une phase d’exploration et de repérage des sources de référence avant de se lancer dans la conception de nos arborescences.

Évidemment, nous avons chacun des centres d’intérêt et faisons en sorte de nous répartir le travail en fonction des affinités de chacun. Ainsi Pierre, qui possède des connaissances certaines en œnologie, s’est vu chargé de la création du thésaurus Vins & Spiritueux dans son entier. Appréciant l’histoire de l’architecture, j’ai fait en sorte que m’échoit le thésaurus Architecture de notre méga-thésaurus Culture.

Notre équipe intègre des profils divers mais qui possèdent chacun une expérience professionnelle non négligeable dans le domaine de la gestion des connaissances, et une solide culture générale.

Vous travaillez en équipe de sept ; comment s’organise le travail ?

Lors de réunions circonstanciées, notre responsable de service, Hanène, nous présente les objectifs à moyen ou long termes, le sujet des futurs thésaurus ainsi que les échéances. En outre ont lieu tous les matins des réunions quotidiennes – appelées Kanban en référence aux méthodes Agile – où chacun fait état de l’avancement de son activité.

Chaque nouveau chantier fait l’objet d’un débroussaillage préalable qui mobilise nos documentalistes-responsables thésaurus – à savoir Marie-Ange, Pierre, Rachel et Olivier –, Hanène et moi-même et où sont définis les différents domaines, et à l’issue duquel nous nous répartissons le travail.

Après les phases d’exploration – en général plutôt rapides – et de constitution des thésaurus – auxquelles nous accordons sensiblement plus de temps – la vérification effectuée par chacun d’entre nous à l’endroit de ses propres fichiers est dans la foulée doublée par le même travail, mais effectué cette fois par un tiers. Et en dernière instance par le regard d’Hanène, bien sûr.

Une fois qu’il nous semble avoir achevé chaque morceau du thésaurus dans sa version définitive, l’éditeur informatique nous permet d’agréger ces différentes parties en un tout homogène ; ce dernier ayant à terme vocation à être absorbé dans un ensemble bien plus vaste, appréhendant tous les aspects du monde connu, que nous pourrions appeler… le “thésaurus Xilopix” ?

Quelle est ta responsabilité dans cette équipe ?

En tant que responsable qualité, mon travail consiste à examiner les thésaurus élaborés par mes collègues ; la question de la reprise générale ou partielle de l’architecture d’un thésaurus se pose rarement, par contre il faut avoir l’œil sur les petites coquilles ou les doublons qui se glissent toujours ici ou là. Mais avant que mes collègues aient pu produire matière à examen, je participe moi-même à la création d’un ou deux domaines du thésaurus en cours… qu’ils ne manqueront pas de ratisser à leur tour au peigne fin !

Quelles sont les limites et les défis de la constitution d’un thésaurus par l’humain ?

N’en prenons qu’un : l’exhaustivité ! Nous n’avons évidemment pas la possibilité d’être complets dans le temps imparti, ou même dans l’absolu : les sources formelles ou informelles immédiatement disponibles sont essentiellement sur Internet.Celui-ci s’étoffe bien sûr avec le temps, mais la richesse des données reste variable selon les sujets ; d’autant que nos outils informatiques nous permettent maintenant d’importer quantité d’informations pour peu que nos thésaurus, par une simple liste embryonnaire, leur indiquent quels types de concepts rechercher automatiquement et sur une grande échelle.

Mais lors de la constitution de ces thésaurus l’humain est toujours nécessaire à la machine, fort peu autonome en matière de choix ou de jugements intelligents…

Quelle analogie existe-t-il entre un thésaurus et un moteur de recherche ?

A priori aucune ! Un thésaurus est une structure – prenant souvent l’aspect d’une vaste arborescence – qui organise les différents concepts d’un domaine de connaissance selon un rapport hiérarchique qui va du plus général au plus spécifique, à laquelle s’adjoignent des relations d’équivalence et d’association.

Un moteur de recherche n’utilise au préalable aucune organisation de concepts sémantiques pour son fonctionnement ; il se donne pour cible, partout où il peut les trouver au sein d’un site ou de l’Internet tout entier, la présence des quelques mots-clés ou métadonnées qu’on lui a donné, en tenant compte le cas échéant des éventuelles spécifications – de poids, d’extensions, de dates – qu’on peut ajouter.

Quel est l’avantage de Xilopix par rapport à ses concurrents ?

… Précisément d’apporter à son moteur de recherche les vertus des principes d’un thésaurus ! Ceci pour éviter notamment les nombreux hors-sujets qui parasitent bien souvent les résultats des outils existants, ou à l’inverse pour proposer des relations, des associations ou des proximités sémantiques auxquels un moteur de recherche classique ne « penserait » pas forcément. C’est un engagement important en termes d’investissement humain, mais qui ne connait pour l’instant pas beaucoup d’équivalents…

 

Jennifer Vermorel

Content Marketing & Social Media Manager à Xilopix.

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